« Ne le prends pas trop dans les bras ! »
« Évite de faire des siestes avec lui ! » « Tu en fais pas un peu trop ?! » « Le monde est dur, tu risques de le rendre fragile ! »
Et pourtant…
L’attachement sécurisant est ce phénomène magnifique où l’on répond avec justesse aux besoins de son enfant. C’est être là, en corps et en esprit, le réconforter, sentir son odeur au creux de son cou… Et imaginer que tout cela passera si vite, que ces moments seront bientôt des souvenirs lointains…
Cet attachement, qui se construit quoi qu’il en soit, je voudrais qu’il soit de la meilleure qualité possible. Alors, entre deux prières où j’implore le Seigneur de me guider, je m’efforce de rire aux éclats, de câliner tendrement, de laisser couler quelques larmes quand mon réservoir est plein, et de le laisser libre, sans me transformer en mère hélicoptère.
J’essaie… Et on verra bien.
La théorie dit :
« L’attachement sécure est lié à la sensibilité de la mère et au plaisir qu’elle prend à s’occuper de son enfant. La relation mère-enfant est fluide, avec des réactions cohérentes et appropriées de part et d’autre, sans dépendance ou indépendance excessive. »
Et on me dira que la parentalité n’est pas un travail de titan !
J’essaie… Je fais de mon mieux, parfois je fais simplement ce que je peux… Et je lâche prise sur la finalité.
Que Dieu te protège, mon enfant. Amin.
❤️

C’est quoi la théorie ?
La théorie de l’attachement est une branche de la psychologie qui explore comment les relations humaines, en particulier entre les jeunes enfants et leurs soignants, influencent leur développement émotionnel et social. Selon cette théorie, un enfant a besoin de développer un lien spécial avec au moins une personne qui lui offre des soins de manière constante et fiable pour grandir de façon saine.
Ce lien d’attachement est crucial car il aide l’enfant à se sentir en sécurité et soutenu. Les chercheurs ont découvert que nous sommes biologiquement programmés pour établir ces connexions sécurisantes, un processus soutenu par des prédispositions biologiques et évolutives.
La théorie distingue plusieurs styles d’attachement, qui reflètent la manière dont un enfant réagit aux relations avec ses soignants :
- Attachement sécure : L’enfant se sent en sécurité et soutenu, ce qui lui permet d’explorer son environnement tout en sachant qu’il peut revenir vers son soignant pour du réconfort.
- Attachement anxieux : L’enfant peut sembler très dépendant et inquiet, souvent en raison de soins incohérents ou insatisfaisants.
- Attachement évitant : L’enfant peut paraître indépendant et détaché, souvent en raison d’une réticence à chercher le soutien de ses soignants.
- Attachement désorganisé : L’enfant montre des comportements confus ou contradictoires, souvent en raison de soins qui sont à la fois affectueux et inquiétants.
Un aspect clé de la théorie est le modèle interne opérant, qui est la représentation mentale que l’enfant développe de lui-même et des autres en fonction de ses expériences d’attachement. Ces modèles internes influencent la manière dont il percevra et réagira aux relations futures tout au long de sa vie. Par exemple, un enfant avec un modèle interne opérant positif pourrait aborder les relations futures avec confiance et sécurité, tandis qu’un modèle négatif pourrait conduire à des difficultés relationnelles.
L’hypothèse de la normativité, formulée par les chercheurs van IJzendoorn et Sagi en 1999, suggère que ces styles d’attachement suivent des modèles universels qui sont essentiels pour le développement émotionnel et social. En d’autres termes, pour qu’un enfant se développe de manière équilibrée, il est crucial que la relation d’attachement soit stable et prévisible.
En résumé, la théorie de l’attachement nous aide à comprendre pourquoi il est fondamental pour les enfants de développer des relations sécurisantes et fiables avec leurs soignants, et comment ces premières relations influencent leur vision du monde et leurs interactions futures.
La théorie de l’attachement, bien que largement étudiée dans des contextes occidentaux où les enfants sont principalement pris en charge par la famille nucléaire, la question se pose quant à des sociétés non occidentales où l’enfant est élevé par une famille élargie.
Les études en Ouganda
Les recherches d’Ainsworth montrent que même dans des contextes où plusieurs personnes s’occupent d’un enfant, celui-ci cherchera naturellement à établir un lien d’attachement avec une figure particulière, tant qu’une figure stable est disponible.
La population Gusii du Kenya
Une étude menée sur 26 nourrissons Gusii (Kermoian et Leiderman, 1986) révèle que 61 % étaient classés comme ayant un attachement sécurisé avec leur mère, tandis que 54 % l’étaient avec des soignants non maternels. Les types d’insécurité n’ont pas été spécifiquement évalués dans cette étude.

Les Dogons du Mali
Selon True et al., les enfants étaient répartis en 83 % de sécures, 0 % d’évitants et 11 % de résistants. Les recherches montrent que l’attachement est lié aux systèmes d’alimentation et de soins, qui sont profondément intégrés.
Les Kibboutzim israéliens
Une étude menée par Sagi et ses collègues (rapportée dans van IJzendoorn et Sagi, 1999) a comparé des nourrissons vivant dans des kibboutzim où ils dormaient avec d’autres enfants à ceux vivant avec leur famille. Les résultats montrent que 48 % des enfants dormant avec d’autres étaient attachés de façon sécurisée à leur mère, contre 80 % chez ceux dormant en famille.

Les Hausa du Nigeria
Chez les Hausa, la figure d’attachement principale est souvent celle qui prend l’enfant dans ses bras et interagit le plus avec lui, ce qui n’est pas nécessairement la mère biologique.
Les Kung San du Botswana
Dans cette société de chasseurs-cueilleurs, le lien entre la mère et le nourrisson semble jouer un rôle crucial en termes de protection et de stimulation, même dans un réseau plus large de soignants.
Les Efe ou Pygmées de Zambie
Les enfants sont élevés par de nombreux soignants durant leurs premières années. Malgré un réseau élargi de soins, ils développent un lien particulier avec leur mère, même après avoir passé 60 % de leur temps avec d’autres personnes à 18 semaines (Morelli et Tronick, 1991).
En conclusion
En commençant par les observations d’Ainsworth en Ouganda et à Baltimore aux États-Unis, des études dans diverses cultures montrent que la théorie de l’attachement est applicable universellement. Ce qui peut varier entre les cultures, c’est la façon dont la sensibilité maternelle est exprimée et les manifestations du comportement de sécurité de base. Ces variations comportementales n’invalident pas la théorie, mais illustrent sa flexibilité à travers différents contextes culturels.

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