Migrants, immigrés, réfugiés, demandeur d’asile, étrangers, fuyant, fuyeurs…

Comment le débat peut-il s’excentrer autant ? La douleur de rescapés de guerre se transforme en problème linguistique …
Est-ce que le vrai débat est celui qui consiste à les nommer, eux, ces autres qui traversent milles périples pour trouver la paix ?
Encore une fois il s’agit d’un problème identitaire. Mais de quelle identité parle- t-on ? De celui qui est nommé ou de celui qui nomme ?

Si une houle de « migrants » s’abat sur mon pays France, comme une vague qui claque sur la rive de sable, elle va le défigurer, l’abimer, tellement, que je ne le reconnaîtrais plus…et je ne me reconnaîtrais plus….

Voilà le mythe…. Voilà le siège de l’intrigue…

Ce n’est pas de leur identité que je m’inquiète mais bien de la mienne. Un élan nationaliste, comme un instinct de survie grégaire, figé dans un temps qui n’existe plus.

La peur de l’étranger, peut-être même la peur du métissage.
Essayons de comprendre les mécanismes sous-jacents à cette peur de la perte de l’identité, voire de l’annihilation de soi.

L’identité est multiple, elle se nourrit de racines, de cultures, de rôles et de fonctions qui signent ce que nous sommes ou ce que nous laissons paraître. Certains auteurs divisent même l’identité en 3 identités fondamentales : identité personnelle (nom-prénom-âge…), l’identité sociale (métier, rôle, fonctions…), et l’identité culturelle (nationalité, religion, loisirs…).

C’est ce qui nous permet d’être reconnaissable par les autres et de sentir en nous une unité propre qui participe à se reconnaître soi-même.
Il est vrai qu’il existe cette idée répandue, et que l’on a bien aidé à répandre d’une identité nationale propre à la France.

Alors c’est quoi que l’on appelle identité nationale ?

On imagine bien qu’elle est constitutive de l’identité culturelle mais en cherchant un peu, il s’avère que l’expression nous est contemporaine et que la terminologie n’existe que depuis les années 80. Elle n’a été mise au goût du jour que durant le mandant du président Sarkozy avec certainement une volonté politique décomplexée…

Ainsi le langage, les mots induisent des pensées et les manipulent. S’il existe une identité nationale, accepter le migrant / l’étranger c’est participé à la mort de cette identité.

«Un génocide des peuples européens » serait en marche.
Et c’est malheureusement une idée qui se mute insidieusement en idéologie. Appuyé par des mystérieuses (pour ne pas dire biscornu) théorie, comme ce « plan Kalergi » qui serait aujourd’hui confirmé par le nombre exponentiel de réfugiés en Europe ( je vous laisse le soin d’aller y jeter un œil…).

Une pléthore d’argument qui tombe à point nommé pour expliquer, justifier, des peurs parfois viscérales de ce qui m’est étranger. Oubliant qu’il s’agit d’une Histoire d’Hommes.

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis.” L’adage de ce bon vieux St Exupéry en prend un coup aujourd’hui.

Pour infos :
Qu’est-ce qu’une nation ? », Elle ne se définit ni par la race, ni par la langue, ni par la religion, ni par la géographie, ni même par une communauté d’intérêts. La nation est une « grande solidarité », constituée par « les sacrifices que l’on a faits et ceux que l’on est disposé à faire encore ». Si « elle suppose un passé », elle ne se conçoit pas sans « le désir clairement exprimé de continuer la vie commune » ERNEST RENAN (1882)

Et Vous, vous sentez-vous appartenir à une nation ? Elle est faite de quoi votre identité ?

-billet d’actu 2015-